De l'avis général, qu'ils soient débutants, avancés ou enseignants, tous les participants ont trouvé leur compte. Les premiers dans ses gestes très basiques, dans ses réponses toujours simples et accessibles. Les seconds dans la précision des mouvements qu'il réalisait, dans les corrections individuelles qu'il a effectuées tout au long des cours. Enfin, les derniers dans une pédagogie très construite : une leçon que les enseignants présents ont pu reproduire dans leur Dojo. Un grand expert de l'Aïkido, en somme. Quelques instants avant le cours du mardi, il a accepté de répondre rapidement à quelques questions pour Aïkidoka Magazine.
Aïkidoka Magazine : Senseï, vous êtes uchi Deshi depuis 1955, et vous avez rapidement été missionné par O Senseï pour transmettre l'Aïkido à travers le monde, notamment aux États-Unis depuis une vingtaine d'années. De plus, vous êtes fréquemment en Amérique du sud et parfois en Europe : avez-vous vu une évolution dans la pratique de l'Aïkido ?
Yoshimitsu Yamada : Bien sûr. J'ai vu augmenter le nombre de pratiquants, le nombre de dojos, mais la pratique elle-même n'a pas changé.
A.M. : Pourtant, lorsqu'on peut voir d'anciens films, des premiers temps en Europe par exemple, la martialité semble plus présente, tout comme la recherche d'efficacité ?
Y.Y. : Oui, de ce point de vue-là, les premiers experts ont dû montrer des choses qui sont connues aujourd'hui. Beaucoup de curieux des débuts arrivaient du Judo, par exemple, et venaient « tester » ! Mais c'est toujours resté marginal, peut-être est-ce pour ça que cela a été filmé alors. La pratique courante dans les dojos d'Aïkido est restée la même. En tout cas j'y trouve le même plaisir et la même convivialité. Les différences principales, s'il faut en citer, c'est le niveau général des pratiquants qui n'a cessé de s'améliorer, et la ferveur des entraînements. J'attribue cela au fait que l'Aïkido est devenu une pratique à part entière. Mais il y a longtemps c'était plus dur, et je ne retrouve ça aujourd'hui que dans les régions où l'Aïkido commence.
A.M. : En Amérique du sud par exemple ?
Y.Y. : Par exemple, oui. Mais c'est plus en fonction du pays, si la liberté de pratique est acquise depuis longtemps ou non. N'oubliez pas que certains pays ont des dojos d'Aïkido depuis plus de vingt ans, avec des bons pratiquants, des bons professeurs...
A.M. : Le fait d'être le responsable aux États-Unis ne vous pose pas de problèmes ?
Y.Y. : (rire...) Cela pourrait en poser... mais je suis japonais ! Et l'Aïkido est maintenant universellement reconnu comme un art de paix. L'accueil est toujours amical.
A.M. : Une dernière question de pure curiosité. Vous pratiquez l'Aïkido depuis l'âge de dix-sept ans. J'imagine que votre rencontre avec O Senseï a orienté toute votre existence. Si vous ne vous étiez pas engagé dans cette voie, qu'auriez-vous aimé avoir comme profession. En clair : à quel métier rêvait le jeune Yoshimitsu à Tokyo en 1954 ?
Y.Y. : (Temps de réflexion, sourire...) Peut-être à être chanteur... Un rêve de teenager !
A.M. : Vous avez donc une belle voix ?
Y.Y. : J'avais... (rires).
A.M. : Merci de votre temps et bon stage.
Stage d'ete
avec Farouk benouali
http://cluster015.ovh.net/~faroukbe/Aikido/Calendrier.html
De retour en Tunisie pour un stage Iaido