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Pnl & arts martiaux
par Pierre Arthapignet, Directeur et Enseignant de l’Institut de Formation à la PNL (inforpnl)
Quelques réflexion personnelles sur le lien pouvant être fait entre les Arts Martiaux et la PNL.
Je pratique ce qui est communément appelé les "Arts Martiaux" depuis de nombreuses
années, (36 ans). Compétiteur, enseignant, aujourd'hui pratiquant, le Budo est partie
intégrante de ma façon de vivre.
L'aïkido, le judo, le karaté, le kendo…, toutes ces approches sont désignées et contenues dans
cette appellation "Arts Martiaux" qu'il me parait important de re cadrer.
Mars, dieu de la guerre du panthéon romain n'a rien à voir à l'affaire !!! Détournement
sémantique qui induit une représentation limitative et limitante de ces différentes pratiques.
Quant au terme "Art" cela évoque une activité artistique qui peut être réelle à l'occasion, mais
qui occulte le sens véritable de ces techniques, le développement personnel.
Judo, Kendo, Aïkido, Iaïdo ont toutes un dénominateur commun: Do, la Voie, le chemin, ce
qui nous situe immédiatement hors des frontières sémantiques pré citées.
C'est le Cheminement de l'Etre vers son accomplissement. Nous sommes loin du sport, de la
technique, cela dépasse la notion d'art.
A un homme qui voyait la mer pour la première fois de sa vie, et qui s'extasiait sur sa beauté
et son immensité, son ami lui dit : "et encore, tu ne vois que la surface !"
Voilà le premier lien que j'ai fait en découvrant la PNL sur la Voie que je suis depuis mon
plus jeune age. J'ai choisi la Voie du Combat (Bu Do) qui signifie étymologiquement "arrêt
des armes". L'idéogramme est formé par la juxtaposition de deux signes l'un représentant un
halle-barde signifiant "les armes" et l'autre représentant l'empreinte d'un pied immobilisé et
qui donne le sens d'arrêter, de stopper. La pratique de la Voie du Combat doit donc être vue à
travers cette double représentation, c'est son but, son Essence, l'arrêt des Armes.
Avant de vivre l'Essence de la Voie du Combat, j'ai commencé par toutes les erreurs, fuir le
combat, puis combattre, les autres tout d'abord, puis moi même… L'erreur, composante
incontournable de tout apprentissage, le feed back, carburant indispensable de mon
évolution…Voilà l'autre point commun avec la PNL.
Djalâl-od Dîn Rûmî disait : "pour trouver la perle il faut un plongeur".
Une seule façon d'atteindre la perle, plonger. Si je reste à la surface pour la regarder, je peux
en avoir une bonne connaissance, mais cela ne me donnera pas la perle. Je peux aussi vider la
mer pour la récupérer… non vraiment, il faut plonger. Cela nécessite une grande technique,
un état d'esprit sans lequel la technique ne sera rien, il faut de l'art dans la façon de plonger,
comme pour mieux mériter cette perle.
Autre point commun avec la PNL et la façon dont j'enseigne la PNL.
"La vie de l'esprit commence là où un être "un" est conçu au dessus des matériaux qui le
composent…" citation d'Antoine de Saint-Exupéry.
PNL et Arts Martiaux
Pour finir ma contribution sur ce sujet je vais évoquer ce qui constitue l'Essence de la Voie du
Combat : L'Unité de L'Etre.
La technique est au service du Combat, et le Combat est lui même au service de celui qui est
sur la Voie. Pour faire simple, une attaque lors du Combat exige de celui qui la porte l'Unité.
Etre UN, tout mon Etre doit être unifié, mon Esprit, mon Corps et mes émotions. Le
Combattant ne travaille sa technique que pour pouvoir expérimenter et réaliser cette Unité. Iaï,
l'Unité de l'Etre, la quête du Combattant. Je laisse à chacun de vous (en tous cas aux
courageux qui m'ont lu jusqu'ici) le soin de faire le lien entre la PNL et le Iaï… Pour vous
aider voici la transcription d'un vieux poème zen chinois du VIème siècle "Shin-Jin-
Mei" "Poème de la Foi en l'Esprit"
"la véritable Voie n'est pas difficile,
Mais il ne faut ni amour, ni haine,
Ni choix, ni rejet.
Si vous faites la moindre parcelle
de discrimination,
Aussitôt le Ciel et la Terre
Sont séparés par une distance
infinie..."
Avec mon Salut le plus respectueux
Verbal Aikido: Techniques for
Managing Verbal Attacks
Thomas F. Fischer
Number 130
How do you deal with the unexpected confrontation? What do you do when someone’s response is obviously designed to wrest control?
- Don’t aim to kill your opposition.
- Instead of silencing the party attacking you, listen, absorb, and redirect the attack.
- Instead of using force, use the attack as a springboard to direct the energy to solve the problem.
- Honor and recognize the existence of opposition without accepting the severity of the attack.
- Seek knowledge and information, even if you don’t agree with it or it’s communicated improperly.
- Don’t use the Aikido attack opportunity to coerce your views, reiterate or position, or to have them seem it your way. Instead, use it to demonstrate your willingness to listen.
- Do not reinforce his resistance, but do acknowledge it.
- Let it be known that it’s OK to disagree and honorable for having shared the disagreement in a direct manner.
| Attack | Aikido Response |
| "It won’t work" | "It may not. I see some problems. What do you see?" |
| "You’re just like the rest of the pastors and leaders around here!" | "I am a pastor and a leader. That’s why I want to hear what you’re saying. What do you see is the problem? |
| "All you think about is your own self and agenda?" | "I am concerned about what happens to the church’s ministry and how it affects members, including you. What kinds of things are bothering you? |
| "You pastors are all the same!" | "In many ways we are alike. But whatever you think about pastors and whatever your past experience with pastors, I want to work with you, not against you. What things are bothering you? |
| "You aren’t’ fair!" | "Sometimes I may not be. Leadership decisions may not always seem fair to individuals, though they are made with the intention to make things better for everyone. In what ways have things not been fair for you?" |
| General Attack | "There may be some truth to that. I don’t have any pretense or illusions of being perfect. I’m interested to hear what you have to say about this issue in greater detail." |
Listening...Aikido Style
- 1) Listen to understand, not to gain tactical advantage.
Don’t be defensive. Relax. Use this opportunity to exude trust and to receive information. If you’re striving to win at the other’s expense, watch out! You’ll probably lose the battle, the war, and their trust.
- Continually check and re-check the meaning of words, the specifics of the issues and, watching for non-verbals, try to discover which issue (or issues) are the most important one.
3) Listen with questions in mind. Ask yourself…
- What’s the point?
- Are the points consistent with each other? Why or why not?
- Does it make sense?
- Is there real evidence to back up the assertions?
- Is this shared information fact, assumption, or hogwash?
- Could this be a politically-motivated "facade" of seeking truth to justify future (short or long-term) attacks? What’s his track record?
- How are my prejudices obscuring the issues presented?
- Is the issue really the real issue?
- Is my ego in the way…again?
- How useful or applicable is this information?
4) Be a good facilitator.
- Don’t be a "bore". According to Ambrose Bierce’s definition, a "bore" is "someone who talks when you want him to listen." Don’t be a bore. Listen!
- 5) Begin redirecting toward problem solving.
- Nothing is worse than a sharing session which has not been directed toward a problem solving process. Be honest, direct, but courteous in discussing possible ways available to address the issue in a constructive, positive manner.
- 6) State your own views.
- Be honest and forthcoming, but not overbearing. Share your needs, views and perspectives and reasons why you currently are sympathetic to the position you hold.
- If middle ground is available, prudent and appropriate, suggest that possibility. If restrictions, rules, or other circumstances preclude the possibilities of middle ground, indicate the restrictions but do so in a patient manner which understands that accepting such non-negotiable items may be difficult but nevertheless necessary.
- 7) Encourage follow-up.
Thank that attacker for having shared the information and indicate that you would like to discuss this further at another time in the near future.
Perhaps you may follow-up with a very short letter simply acknowledging their concerns and thanking them for sharing with them. Do not go into any details or specifics in the letter. Also indicate in the letter your desire to discuss the issues further. Then follow-up.
Without intending to sound simplistic, naive or foolish, Spiritual Verbal Aikido is really the only Verbal Aikido Christians really need. Actually, it's the only one we have! It is a special gift of God, given by His abounding graciousness, especially for His people for use in those difficult, but necessary, ministry encounteers.
"When they arrest you, do not worry about what to say or how to say it. At that time you will be given what to say, for it will not be you speaking, but the Spirit of your Father speaking through you" Matthew 10:19-20 (NIV).
L'aikiCom
L'AïkiCom' combine les qualités de l'aïkido avec celles de techniques de communication telles que la CNV et la PNL.
L'aïkido nous apprend physiquement comment nous synchroniser à l'énergie d'une attaque pour la transformer en énergie de coopération qui respecte les deux partenaires. Cette synchronisation trouve toute sa signification dans la démarche CNV développée par Marshall Rosenberg.
La CNV nous propose d'identifier ce que nous observons, les besoins qui sont satisfaits ou violés et les émotions qui en découlent. Le praticien CNV apprend ensuite à formuler une demande claire qui part de lui. La formule classique prend la forme: "Quand je vois ..(fait observable).., je me sens ..(émotion).. et cela viole/satisfait mon besoin de ..(besoin).., et je te demande ..(demande claire)..". De la même façon le praticien CNV portera son attention à identifier le besoin, l'émotion et aidera son interlocuteur à reformuler une demande: "Quand tu vois que ..(fait observable).., ressens-tu ..(émotion).. parce que ton besoin de ..(besoin).. n'est pas satisfait..." Ce faisant il entre en communication avec son interlocuteur qui confirmera l'hypothèse proposée par le praticien CNV. Ce style de communication évoqué ici de manière on ne peut plus sommaire crée un climat de communication qui désamorce l'escalade de l'aggressivité, voire de la violence.
Les parallèles sont frappants entre la pratique de l'aïkido et la CNV. En portant son attention sur ses besoins et ceux de son interlocuteur, le praticien CNV pratique un aïkido verbal. Il prend en considération son centre et celui de son partenaire. Sa manière de s'exprimer transforme l'énergie agressive contenue dans la verbalisation et la transforme. De même l'aïkido va effectuer un déplacement à partir de son centre et va guider par le mouvement du partenaire pour transformer l'énergie de l'attaque en énergie de transformation. Les deux approches s'enrichissent mutuellement: l'aïkidoka découvre comment ses mouvements trouvent une nouvelle expression avec les mots et le praticien CNV découvre comment sa technique de communication se matérialise en sensation corporelles.
Et la PNL dans tout çà?
La PNL rejoint l'aïkido dans la technique appelée "accorder et guide" (pace and lead en anglais). En PNL s'accorder veut dire se synchroniser avec le partenaire en terme de gestuelle, de tempo, de tonalité, de vocabulaire, etc. Ce faisant il exécute verbalement et non verbalement une technique que pratique l'aïkidoka quand il effectue un taï sabaki pour rejoindre le centre du partenaire. Vient ensuite la phase de guidage ou le PNListe comme l'aïkidoka crée une dynamique qui emmène le partenaire et transforme l'interaction. Constatons au passage qu'autant l'aïkido que la PNL peut servir à prendre le contrôle d'autrui, à le manipuler comme se plaisent à le dire les détracteurs de la PNL. C'est une possibilité mais ce n'est pas le message qu'il faut retenir (certainement en ce qui concerne l'aïkido, pour ce qui est de la PNL ce n'est pas le cas non plus mais le message est plus ambigu car les co-créateurs de la PNL ne s'y sont jamais intéressés). Le message est que nous sommes responsables de notre attitude et de notre rôle dans l'interaction. Même face à une agression, nous avons le choix de l'agressivité ou du désamorçage de l'agressivité pour créer les conditions d'un dialogue contructif. De même que pour la CNV, l'aïkido crée une synergie très intéressante qui nous entraîne dans ce processus de transformation d'une situation de combat en espace de dialogue.
«Les composantes musicales du chant soufi», conférence de Fethi Zghonda à Dar Ben Achour
Une musique tunisienne à l’abri des influences La musique profane et la musique sacrée ont-elles les mêmes composantes musicales ? Fethi Zghonda, lors d’une rencontre organisée par l’association tunisienne Sites et monuments et la bibliothèque de la ville de Tunis, vendredi dernier, à Dar Ben Achour, répond : «oui. La différence entre les deux musiques n’est pas fondamentale». C’est au niveau des poèmes choisis que les deux musiques se différencient. Mais en termes de composantes musicales, on peut y détecter beaucoup de points communs.
Le musicologue a commencé par présenter les diverses confréries que connaît la Tunisie (Chadhliya, Soulamiya, Qadriyia, Issaouia, Tijanyia…) en précisant à chaque fois le nom des cheikhs qui les ont soutenues, leur époque et leur rituel. «C’est avec les Hafsides que se multiplient les zaouias. Les confréries deviennent puissantes, rayonnantes et massivement implantées dans tout le territoire», précise-t-il.
Fethi Zghonda a parlé de la manière spécifique de chacune de se rapprocher du divin, de leurs pratiques qui commencent toujours par un récital du Coran et finissent par un chant, généralement sans instrument. «Trois éléments caractérisent le chant sacré : d’abord la récitation du Coran (tartil et tajwid), ensuite l’appel à la prière (al adhân) et enfin le chant célébrant le Prophète : Al Maouled an-nabawi ach-charîf, al hamaziya, al burda, assîrâ an-nabawiya», précise le chercheur. Avec beaucoup d’admiration, Zghonda a proposé à l’audience un extrait de ce chant d’une extrême beauté. Sans cadence, les chanteurs arrivent à harmoniser leurs voix. «Une interprétation très difficile», explique-t-il. «Ce genre de chant n’existe qu’en Tunisie. Il porte notre empreinte», ajoute-t-il.
Le répertoire religieux exhibe aussi la musique dite « savante ». Une musique d’une modalité développée, destinée à être écoutée et savourée. Elle est subtile et riche en mouvements mélodiques, en modes rythmiques et en jeu orchestral finement structuré.
Zghonda a évoqué comme exemple «Chadhliya» où le chant collectif et individuel se base essentiellement sur l’improvisation. «Et aucune improvisation n’est possible sans la maîtrise certaine des prouesses vocales pures», qui sont probablement les mêmes dans les chansons profanes. On peut détecter aussi des modalités tels le bashraf ou des modes comme al dhil.
La Issaouia utilise une suite musicale propre aussi à la musique profane, la nûba. Neuf mouvements caractérisent ce genre musical, à savoir istiftah (ouverture), b’tayhi, dkhûl barwal, barwal, draj, khfif, khatm (finale, consacrée au tawhîd). «La nûba est chantée sur un même mode mais avec des rythmes différents qui s’accélèrent au fur et à mesure de la chanson. Les mêmes modes et les rythmes existent aux chants de la Issaouia. Seuls les instruments diffèrent», fait remarquer le chercheur. Il a précisé que chaque région s’approprie des instruments : à Tunis, on utilise seulement les instruments de percussion, dans les villes de la côte (Sousse, Mahdia et Sfax),
on y ajoute la zokra. Dans les villes du Cap Bon, on introduit la clarinette.
En abordant la Soulamiya, Zghonda a longtemps parlé de la «chaîne d’or» (Assilsila Eddhahabia), qui n’est autre qu’un long qasid, sous forme d’un arbre généalogique où on fait l’éloge des grands maîtres de confréries. «Sa mise en musique a été réalisée par un certain Mohamed Ben Slimane, un juge épris de musique sacrée». La Soulamiya se caractérise par son grand nombre de «bhours». Certains sont interprétés a cappella, d’autres sont accompagnés de «bendir» et la plupart de ces chants sont construits selon des «tûbû» tunisiennes classiques ou populaires. Ces dernières se partagent en modes urbains et ruraux. «Notre richesse musicale est immense», fait remarquer Zghonda. La musique est transmise oralement, de génération en génération, les zaouias les ont conservés à l’abri de toute influence étrangère, orientale en particulier. «Le renfermement de ce lieu de culte était bénéfique pour la sauvegarde de ce patrimoine d’une grande importance culturelle et artistique».
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Entre sacré et profane
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| La Issaouia s’est transformée au fil du temps en un festival d’été qui anime chaque coin du village de Sidi Bou Saïd, village pittoresque submergé par une foule de visiteurs, notamment durant les trois jours du mois d’août, date de la fameuse Issaouia découlant directement de la confrérie de Sidi M’hammed Ben Issaâ. |
| Les adeptes de cette secte ont pris l’habitude de revisiter le village saint durant le mois d’août et d’organiser des cérémonies autrefois religieuses. De nos jours, à la mi-août et durant ces trois jours, les murs sont escaladés par les visiteurs, le mausolée envahi par les touristes, jeunes et moins jeunes à la recherche d’émotion forte, de spectacle épatant. Tous sont là pour d’éternels chants et danses dont l’origine remonte à naguère. Dans l’enceinte de la mosquée, les figuiers de barbarie, le verre et les clous disposent d’une bonne partie du spectacle. Nombreux sont les adeptes de la confrérie, tous vêtus en laine. Seul le chef de la confrérie est habillé différemment. Véritable fête folklorique, la Issaouia attire chaque année des centaines de visiteurs curieux. Le spectacle passionne certains, notamment ceux qui croient en les confréries.
La Issaouia offre au visiteur des vues invraisemblables. Des êtres humains mangeant du verre ou encore avalant des clous sous l’œil vigilant de leur chef de confrérie, les chants aidant l’état de transe. Des chants religieux mêlés aux rythmes des tambours vous transportent loin, très loin à travers des siècles glorieux. Les gens fascinés par le spectacle observent le silence, un silence de méditation et d’ivresse. Les touristes non habitués à ce genre de spectacle laissent plein cours à leur étonnement. «Ce n’est pas un festival ordinaire. C’est un peu de l’envoûtement. On a l’impression que ces gens sont hantés par les mauvais esprits», commente une touriste quinquagénaire. Et d’ajouter : «Le spectacle demeure unique mais l’on ne comprend pas le phénomène!». Décidément, cette pratique ancestrale qui a perdu de son éclat et de son contenu attire encore des foules considérables venus des quatres coins de la Tunisie. Elle fait en outre le charme de Sidi Bou Saïd durant l’été. Festival ou fête religieuse l’ampleur demeure de poids. La fête solennelle qui est la cérémonie de la Issaouia est aujourd’hui appelé El Kharja, fête semi-religieuse jadis, transformée au fil du temps en fête folklorique. Les adeptes de la issaouia viennent de Zaouiet Ariana chaque mois d’août. Les adeptes de Sidi Ben Issaâ déferlent vers Sidi Bou Saïd. Leur départ est en direction du bas du village d’où ils reviendront au pas cadencé et aux chants rythmés par les tambours et les applaudissements. La Kharja est une marche processionnelle. Autrefois, les grands maîtres soufis, en l’occurrence Sidi Bou Saïd El Béji, Sidi Belhassen, Ibn Arabi se donnaient à d’interminables méditations autour de sujets métaphysiques et soufis. Jadis également, les maîtres soufis et leurs disciples orientaient la issaouia vers d’autres buts. Le côté mystique primait. Les chants liturgiques étaient scandés par les disciples en louant Dieu, et quelques saints, voire le Prophète Mohamed. «Le chant de gloire inspiré par un fond mystique s’accompagne de mouvements de balancement et seuls les initiés pouvaient s’adonner à ces cérémonies», explique le cheikh qui a longtemps écouté les maîtres soufis. De nos jours, la Issaouia a pris une autre conotation et une autre signification. C’est désormais le festival de la Issaouia durant lequel des jeunes, des moins jeunes et des touristes viennent assister à ce festival tant envoûtant et ensorcelant pour certains. Deux confréries se cotoient, celle de l’Ariana et celle de Sidi Bou Saïd El Maski, responsable de la confrérie de l’Ariana, nous parle de l’état psychique particulier dû probablement à un stimulant musical ou quelque chose de purement divin. Il reste sceptique quant à cet état de transe. «Les membres de la confrérie sont capables de manger des figues de Barbarie et des clous. Ils quittent ainsi leur état normal pour un état second». Le cheikh a une autre explication : «La transe est le résultat d’une immense excitation nerveuse». Le cheikh paraît beaucoup plus averti quant aux transmissions nerveuses pour expliquer un phénomène hors pair et parfois relié à l’au-delà. «C’est au Cheikh Abou Abdallah Sidi M’hammed Ben Issa que remonte cette confrérie et à laquelle on a attribué beaucoup de vertus», ajoute-t-il en vrai connaisseur. Les soufis et leurs disciples doivent briser toute chose avec le monde extérieur, c’est ce qui explique ces états de transe. Durant la cérémonie, les adeptes se laissent envoûter par l’amour de Dieu en répétant «Allah» à chaque refrain. «Chaque doigt représente un signe particulier de la confrérie. Les adeptes croient dur comme fer en la confrérie. Chacune doit désigner le don auquel l’adepte a été voué, par exemple, nombre d’entre eux consomment des clous, d’autres du verre. Le «bdan», vêtement de laine, à même la peau, défie la canicule du mois d’août et les chants rendent les adeptes insensibles à toute douleur due à un contact violent. On peut voir, par exemple les issaouis se vautrer sur les raquettes de figuiers de barbarie, ce qui est choquant pour les visiteurs et pour les nombreux touristes curieux de découvrir nos traditions. Les spectateurs assistent chaque année, au mois d’août, aux spectacles d’une confrérie qui revêtent un aspect folklorique alors que, autrefois, ils étaient dédiés à la méditation. La croyance fervente en Dieu et aux grands soufis à travers la Issaouia et les confréries a perdu de son éclat et s’est transformée en un festival attirant les touristes et les visiteurs.
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