25/09/2010

Mahdia ,articles...musée

Mahdia : histoire chargée, musée allégéMahdia : histoire chargée, musée allégé
JETSETMAGAZINE.NET | 02.09.2010
On l’appelait Djamma, Africa, Aphrodisium, Gummi, ou encore, " le lieu maudit ", la " mâle ville d’Afrique…" "… Mais plusieurs ne connaissent de Mahdia que ses belles plages et son sable blanc. Son histoire, aussi mystérieuse soit-elle.....
Jetset Magazine
Mahdia forever

" Je ne crois pas que l’absence d’un département consacré à l’épave de Mahdia au sein du musée du chef-lieu de gouvernorat constitue ‘‘une aberration’’,  pour reprendre le mot utilisé dans l’article paru le 2 septembre dernier", affirme Habib Ben Younès, directeur des musées à l’Institut national du patrimoine (INP), en faisant allusion à un texte paru sur les colonnes de notre journal et relatif au musée de Mahdia.  D’après cet archéologue, l’histoire de cette épave ne se rapporte en aucune façon à celle de Mahdia. Le navire antique, circulant dans les eaux méditerranéennes, se trouvait au large de cette côte au moment où il a coulé. Il avait probablement chaviré suite à une rude tempête. " Rien n’indique le lien qui pourrait rattacher le navire aux ports de cette région ", fait remarquer le spécialiste. Pour cette raison, la collection repêchée de l'épave appartient légitimement au musée du Bardo. Néanmoins, un espace dédié à ce " malheur heureux " serait quand même aménagé dans les murs du musée de Mahdia, puisque ce hasardeux accident est aujourd’hui définitivement accolé  au nom de la ville. Le musée contiendra une maquette du navire identique à celle qui est exposée au musée du Bardo et plusieurs autres objets découverts récemment dans le site…  L’étude est en cours et les travaux vont bon train. " Mais il faut garder en tête que cette épave ne représente en rien l’histoire de Mahdia. Elle est comme une goutte dans un océan, insignifiante par rapport à la véritable richesse qu’offre ce gouvernorat. Je reconnais tout de même que Mahdia mérite plus d’attention et d’intérêt. Elle possède de grandes potentialités historiques, utiles pour la promotion du tourisme culturel", insiste encore Habib Ben Younès.  A cette région du Sahel, le chercheur a consacré sa thèse de doctorat. A lui, les ruines ont dévoilé leurs secrets. Les vestiges, à peine visibles à la surface du sol, lui sont totalement familiers…

 

Un parcours culturel d’exception

 

En quelques secondes, Ben Younès griffonne sur un papier un parcours de plus d’une trentaine de kilomètres, reliant Mahdia à El Jem. Plusieurs sites archéologiques et historiques s’alignent d’une manière naturelle et fluide. La visite peut être entamée à partir de Bekalta (au nord de Mahdia), plus précisément de Thapsus (Ras Dimas), et remonter jusqu’au chef-lieu de gouvernorat. En sortant de ce dernier vers Ksour Essaf, on découvre la deuxième plus grande nécropole punique après celle de Carthage, qui s’étire sur une douzaine de kilomètres,  " une véritable cité des morts contenant plus de 1.000 caveaux ", précise le chercheur. Plus loin se dresse " Aggar ", une ville mentionnée dans le récit de guerre de César. Puis, on rejoint Ksour Essaf " qui est un pôle soufi par excellence, où plusieurs marabouts ont trouvé refuge et ont joué un rôle social assez important ", souligne encore l’archéologue. Le circuit débouche ensuite sur Salakta, un ''port-ville'' représenté par les naviculaires figurant sur la célèbre mosaïque trouvée à Ostie. C’est aussi dans ses environs que l’on a découvert un sarcophage, d’une valeur historique inestimable, datant du IIIe  av. J.-C. Quelques kilomètres plus loin, on retrouve des catacombes (une nécropole souterraine), à fouiller encore, " qui sont aussi, voire plus importantes que celles d'Hadrumète (Sousse) ", témoigne Ben Younès. La route se poursuit jusqu’à Henchir El Alia qui est, selon le spécialiste, un site exceptionnel, unique en Afrique, rassemblant dans un même endroit des vestiges de plusieurs civilisations. Il s’agit d’un canal romain, taillé dans la roche, qui traverse une nécropole punique. Il relie la mer à un lac, appelé Sabkha injila. " On racontait qu’au moment de la marée haute, les villageois pêchaient, dans cette sabkha, un poisson qu'on ne trouve que dans cet environnement. D’ailleurs, à l’époque romaine, ce même lac servait à la pisciculture". A côté de ce canal, se trouve un ribat, qui  représente l’époque islamique. Et, au-dessous de ce dernier, on a découvert un site préhistorique. Dans les environs, se situe une autre Vaga (nom antique de Béja), mentionnée aussi dans la guerre de César, où l’huile joue ici le rôle que joue le blé pour la Vaga du Nord. Arrivant à El Jem, outre l’amphithéâtre, la villa romaine et le musée, on peut encore aller vers Rougga (à 15km) pour en découvrir les fameuses citernes, " une merveilles de plus en Tunisie ", précise Ben Younès. "C’est en exploitant ces sites, dont la plupart sont encore vierges, que l’on peut mettre au point les stratégies d’un tourisme culturel de qualité ", suggère Habib Ben Younès.          

 

Un  musée à revoir absolument

 

En attendant une meilleure exploitation, ces sites continuent à alimenter les musées locaux et nationaux. Le responsable de l'INP nous apprend que le musée de Mahdia sera entièrement revu. De récentes recherches seront effectuées pour mieux exploiter son espace. De nouveaux objets seront prochainement exposés : des sculptures de l’époque romaine, de la céramique et de la documentation, punique et islamique. " Cette dernière est en train d’être restaurée", précise-t-il. A ces pièces, s’ajoutent des éléments monétaires et diverses inscriptions.En somme, plus de la moitié de la collection actuelle sera rajoutée au fonds du musée. "Au départ, on a voulu construire à Mahdia un musée du chef-lieu de gouvernorat, qui soit moderne et qui représente par excellence les différentes époques et civilisations ", précise Habib Ben Younès. On a conservé la façade de la mairie, l’ancien lieu du musée. On a essayé de créer une continuité avec la Skifa El Kah'la (l’ancienne entrée de la ville fatimide) en bâtissant des baies vitrées dans le mur qui sépare le musée du monument. " Une première ", selon le spécialiste.  Mais, comme le dit un poète arabe, les vents ne soufflent pas toujours dans le sens que souhaitent les bateaux.  Ce local, esthétiquement parfait, ne peut contenir un musée. " Trop proches de la mer, les murs sont humides. Et les collections s’abîment rapidement, surtout celle des costumes traditionnels ", fait savoir le directeur. C’est pour cette raison d’ailleurs que des photos d’habillements et d’accessoires ont remplacé les objets d’origine dans le département ethnographique du musée de Mahdia (voir l’article cité)… Rien ne mentionne cependant cette opération de restauration : ni pancarte  ni quelque indication que ce soit. L’agent d’accueil n’y fait pour sa part aucune allusion. Ce qui induit le visiteur en erreur.  Réparer les dégâts causés par l’humidité ou par d’autres facteurs, comme la lumière, la chaleur, la pollution, les vibrations, est un véritable casse-tête. " Pour les costumes, par exemple, il faut d’abord trouver le tissu correspondant à la pièce et, ensuite, chercher l’artisan capable de reproduire les mêmes touches d’antan. Ce qui n’est pas évident. Cela demande des semaines, voire des mois de recherche  et d’exécution ", ajoute M. Ben Younès. Les réparations et la restauration se compliquent davantage quand il s’agit de manuscrits ou de pièces archéologiques. Une fois la collection prête, elle doit être maintenue en l’état. " Pour cela, il faut former un personnel de musée, capable de gérer un lieu de culture et d’histoire. Il est essentiel de nommer, dans  chaque musée, un conservateur permanent dont l’unique tâche consiste à s’occuper, jour après jour, des pièces exposées", suggère encore le directeur. Créer un musée ne dépend pas uniquement de la collection que l’on doit exposer. C’est aussi des normes internationales à respecter et un code déontologique auquel il faut se conformer. Il faut être à cheval entre la restauration et l’enrichissement des musées. " Le travail doit être parfait. Aucune fausse note n’est permise. Ce qui nécessite une énergie inépuisable, un budget énorme et des nerfs d’acier", conclut Habib Ben Younès, le sourire aux lèvres.

 

Musée national du Bardo Le trésor de Mahdia
JETSETMAGAZINE.NET | 01.06.2010
Six salles sont consacrées aux fouilles de Mahdia au Musée national du Bardo. L'une d'entre elles abrite une maquette du navire coulé dont il a été supposé qu'il s'agissait d'une galère. Par ailleurs, cinq ancres ont été retrouvées, d'un poids total de treize tonnes.....
Jetset Magazine

12:41 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mahdia, musée

15/09/2009

si el bechir torki est decedé !


ترأس الوكالة الدولية للطاقة الذرية في عام 1969 ـ
في رصيده رسالتا دكتوراه في الفيزياء النووية و نشر حوالي 100 دراسة علمية و كتاب علمي و حوالي 100 عدد من
المجلة العلمية "العلم و الإيم...
ان" ـ
ولد بشير التركي في 21 مارس 1931 بالمهدية و قد تابع دراساته الثانوية في المدرسة الصادقية و دراساته العليا بفرنسا حيث أحرز على شهادة مهندس سنة 1956 و شهادة الدكتورا في الفيزياء النووية بكولاج دي فرانس سنة 1959. و هو العضو المؤسس لجامعة تونس و أول أستاذ فيها و درّس في جامعات عديدة، تونس و فرنسا و الجزائر و ليبيا و القاهرة. و أنجز عدة مشاريع علمية و مراكز للبحث العلمي نووية و شمسية و غيرها في عدة بلدان. و قد تقلد مسؤوليات علمية عديدة منها في الوكالة الدولية للطاقة الذرية بالنمسا حيث كان رئيسها في سنة 1969. وهو من مؤسسي مجلة التجديد سنة 1961 و مدير مجلة العلم و الإيمان منذ نشأتها سنة 1969. و شارك في عدة مؤتمرات علمية و إسلامية و نشر العديد من الكتب و المقالات و الدراسات العلمية
عانى من الظلم ككل المخلصين ونال من الأذى و تعرض لمحاولات اغتيال عديدة لكنه لم يحد عن مبادئه وصمد ليمد الأجيال التي من بعده بمشعل العلم مع خلاصة التجربة.. ـ

bechir.jpg

01/09/2008

la Issaouia ..... de mahdia ou d'ailleur historique

«Les composantes musicales du chant soufi», conférence de Fethi Zghonda à Dar Ben Achour

Une musique tunisienne à l’abri des influences La musique profane et la musique sacrée ont-elles les mêmes composantes musicales ? Fethi Zghonda, lors d’une rencontre organisée par l’association tunisienne Sites et monuments et la bibliothèque de la ville de Tunis, vendredi dernier, à Dar Ben Achour, répond : «oui. La différence entre les deux musiques n’est pas fondamentale». C’est au niveau des poèmes choisis que les deux musiques se différencient. Mais en termes de composantes musicales, on peut y détecter beaucoup de points communs.
Le musicologue a commencé par présenter les diverses confréries que connaît la Tunisie (Chadhliya, Soulamiya, Qadriyia, Issaouia, Tijanyia…) en précisant à chaque fois le nom des cheikhs qui les ont soutenues, leur époque et leur rituel. «C’est avec les Hafsides que se multiplient les zaouias. Les confréries deviennent puissantes, rayonnantes et massivement implantées dans tout le territoire», précise-t-il.
Fethi Zghonda a parlé de la manière spécifique de chacune de se rapprocher du divin, de leurs pratiques qui commencent toujours par un récital du Coran et finissent par un chant, généralement sans instrument. «Trois éléments caractérisent le chant sacré : d’abord la récitation du Coran (tartil et tajwid), ensuite l’appel à la prière (al adhân) et enfin le chant célébrant le Prophète : Al Maouled an-nabawi ach-charîf, al hamaziya, al burda, assîrâ an-nabawiya», précise le chercheur. Avec beaucoup d’admiration, Zghonda a proposé à l’audience un extrait de ce chant d’une extrême beauté. Sans cadence, les chanteurs arrivent à harmoniser leurs voix. «Une interprétation très difficile», explique-t-il. «Ce genre de chant n’existe qu’en Tunisie. Il porte notre empreinte», ajoute-t-il.
Le répertoire religieux exhibe aussi la musique dite « savante ». Une musique d’une modalité développée, destinée à être écoutée et savourée. Elle est subtile et riche en mouvements mélodiques, en modes rythmiques et en jeu orchestral finement structuré.
Zghonda a évoqué comme exemple «Chadhliya» où le chant collectif et individuel se base essentiellement sur l’improvisation. «Et aucune improvisation n’est possible sans la maîtrise certaine des prouesses vocales pures», qui sont probablement les mêmes dans les chansons profanes. On peut détecter aussi des modalités tels le bashraf ou des modes comme al dhil.
La Issaouia utilise une suite musicale propre aussi à la musique profane, la nûba. Neuf mouvements caractérisent ce genre musical, à savoir istiftah (ouverture), b’tayhi, dkhûl barwal, barwal, draj, khfif, khatm (finale, consacrée au tawhîd). «La nûba est chantée sur un même mode mais avec des rythmes différents qui s’accélèrent au fur et à mesure de la chanson. Les mêmes modes et les rythmes existent aux chants de la Issaouia. Seuls les instruments diffèrent», fait remarquer le chercheur. Il a précisé que chaque région s’approprie des instruments : à Tunis, on utilise seulement les instruments de percussion, dans les villes de la côte (Sousse, Mahdia et Sfax),

on y ajoute la zokra. Dans les villes du Cap Bon, on introduit la clarinette.
En abordant la Soulamiya, Zghonda a longtemps parlé de la «chaîne d’or» (Assilsila Eddhahabia), qui n’est autre qu’un long qasid, sous forme d’un arbre généalogique où on fait l’éloge des grands maîtres de confréries. «Sa mise en musique a été réalisée par un certain Mohamed Ben Slimane, un juge épris de musique sacrée». La Soulamiya se caractérise par son grand nombre de «bhours». Certains sont interprétés a cappella, d’autres sont accompagnés de «bendir» et la plupart de ces chants sont construits selon des «tûbû» tunisiennes classiques ou populaires. Ces dernières se partagent en modes urbains et ruraux. «Notre richesse musicale est immense», fait remarquer Zghonda. La musique est transmise oralement, de génération en génération, les zaouias les ont conservés à l’abri de toute influence étrangère, orientale en particulier. «Le renfermement de ce lieu de culte était bénéfique pour la sauvegarde de ce patrimoine d’une grande importance culturelle et artistique».

 

 

 

Entre sacré et profane

 

La Issaouia s’est transformée au fil du temps en un festival d’été qui anime chaque coin du village de Sidi Bou Saïd, village pittoresque submergé par une foule de visiteurs, notamment durant les trois jours du mois d’août, date de la fameuse Issaouia découlant directement de la confrérie de Sidi M’hammed Ben Issaâ.

Les adeptes de cette secte ont pris l’habitude de revisiter le village saint durant le mois d’août et d’organiser des cérémonies autrefois religieuses. De nos jours, à la mi-août et durant ces trois jours, les murs sont escaladés par les visiteurs, le mausolée envahi par les touristes, jeunes et moins jeunes à la recherche d’émotion forte, de spectacle épatant. Tous sont là pour d’éternels chants et danses dont l’origine remonte à naguère. Dans l’enceinte de la mosquée, les figuiers de barbarie, le verre et les clous disposent d’une bonne partie du spectacle. Nombreux sont les adeptes de la confrérie, tous vêtus en laine. Seul le chef de la confrérie est habillé différemment. Véritable fête folklorique, la Issaouia attire chaque année des centaines de visiteurs curieux. Le spectacle passionne certains, notamment ceux qui croient en les confréries.

 

La Issaouia offre au visiteur des vues invraisemblables.

Des êtres humains mangeant du verre ou encore avalant des clous sous l’œil vigilant de leur chef de confrérie, les chants aidant l’état de transe. Des chants religieux mêlés aux rythmes des tambours vous transportent loin, très loin à travers des siècles glorieux.

Les gens fascinés par le spectacle observent le silence, un silence de méditation et d’ivresse.

Les touristes non habitués à ce genre de spectacle laissent plein cours à leur étonnement. «Ce n’est pas un festival ordinaire. C’est un peu de l’envoûtement. On a l’impression que ces gens sont hantés par les mauvais esprits», commente une touriste quinquagénaire.

Et d’ajouter : «Le spectacle demeure unique mais l’on ne comprend pas le phénomène!».

Décidément, cette pratique ancestrale qui a perdu de son éclat et de son contenu attire encore des foules considérables venus des quatres coins de la Tunisie. Elle fait en outre le charme de Sidi Bou Saïd durant l’été. Festival ou fête religieuse l’ampleur demeure de poids.

La fête solennelle qui est la cérémonie de la Issaouia est aujourd’hui appelé El Kharja, fête semi-religieuse jadis, transformée au fil du temps en fête folklorique. Les adeptes de la issaouia viennent de Zaouiet Ariana chaque mois d’août. Les adeptes de Sidi Ben Issaâ déferlent vers Sidi Bou Saïd. Leur départ est en direction du bas du village d’où ils reviendront au pas cadencé et aux chants rythmés par les tambours et les applaudissements. La Kharja est une marche processionnelle.

Autrefois, les grands maîtres soufis, en l’occurrence Sidi Bou Saïd El Béji, Sidi Belhassen, Ibn Arabi se donnaient à d’interminables méditations autour de sujets métaphysiques et soufis.

Jadis également, les maîtres soufis et leurs disciples orientaient la issaouia vers d’autres buts. Le côté mystique primait. Les chants liturgiques étaient scandés par les disciples en louant Dieu, et quelques saints, voire le Prophète Mohamed. «Le chant de gloire inspiré par un fond mystique s’accompagne de mouvements de balancement et seuls les initiés pouvaient s’adonner à ces cérémonies», explique le cheikh qui a longtemps écouté les maîtres soufis.

De nos jours, la Issaouia a pris une autre conotation et une autre signification. C’est désormais le festival de la Issaouia durant lequel des jeunes, des moins jeunes et des touristes viennent assister à ce festival tant envoûtant et ensorcelant pour certains. Deux confréries se cotoient, celle de l’Ariana et celle de Sidi Bou Saïd El Maski, responsable de la confrérie de l’Ariana, nous parle de l’état psychique particulier dû probablement à un stimulant musical ou quelque chose de purement divin. Il reste sceptique quant à cet état de transe. «Les membres de la confrérie sont capables de manger des figues de Barbarie et des clous. Ils quittent ainsi leur état normal pour un état second».

Le cheikh a une autre explication : «La transe est le résultat d’une immense excitation nerveuse». Le cheikh paraît beaucoup plus averti quant aux transmissions nerveuses pour expliquer un phénomène hors pair et parfois relié à l’au-delà.

«C’est au Cheikh Abou Abdallah Sidi M’hammed Ben Issa que remonte cette confrérie et à laquelle on a attribué beaucoup de vertus», ajoute-t-il en vrai connaisseur.

Les soufis et leurs disciples doivent briser toute chose avec le monde extérieur, c’est ce qui explique ces états de transe.

Durant la cérémonie, les adeptes se laissent envoûter par l’amour de Dieu en répétant «Allah» à chaque refrain. «Chaque doigt représente un signe particulier de la confrérie. Les adeptes croient dur comme fer en la confrérie. Chacune doit désigner le don auquel l’adepte a été voué, par exemple, nombre d’entre eux consomment des clous, d’autres du verre. Le «bdan», vêtement de laine, à même la peau, défie la canicule du mois d’août et les chants rendent les adeptes insensibles à toute douleur due à un contact violent. On peut voir, par exemple les issaouis se vautrer sur les raquettes de figuiers de barbarie, ce qui est choquant pour les visiteurs et pour les nombreux touristes curieux de découvrir nos traditions. Les spectateurs assistent chaque année, au mois d’août, aux spectacles d’une confrérie qui revêtent un aspect folklorique alors que, autrefois, ils étaient dédiés à la méditation.

La croyance fervente en Dieu et aux grands soufis à travers la Issaouia et les confréries a perdu de son éclat et s’est transformée en un festival attirant les touristes et les visiteurs.